Tunisie et politique

Le tourisme, seule ressource importante de la Tunisie

Le tourisme, seule ressource importante de la Tunisie Photo: Valérie Doulevant

L'écologie n'est pas oubliée en Tunisie... Photo: Valérie Doulevant

L’écologie n’est pas oubliée en Tunisie… Photo: Valérie Doulevant

Route Touristique de Sousse renommée après la révolution du Jasmin

Route Touristique de Sousse renommée après la révolution du Jasmin Photo: Valérie Doulevant

Attente et espoirs des jeunes en Tunisie Photo: Valérie Doulevant

Attente et espoirs des jeunes en Tunisie Photo: Valérie Doulevant

 

La Tunisie a débuté le mouvement du « printemps arabe »  en 2011, la Tunisie poursuit son chemin vers la liberté et la sagesse, aujourd’hui.

Vers 11h, le chef du gouvernement provisoire, Ali Larayedh, préside ce jour, mercredi 23 octobre 2013, une réunion ministérielle extraordinaire tournant autour du Dialogue national. A l’issue de cette réunion, des décisions politiques devraient être annoncées.

Ali Larayedh devrait signer un document dans lequel il promettrait la démission du gouvernement dans un délai de trois semaines après le démarrage du Dialogue national. Il pourrait présenter sa démission avant ce délai si des accords étaient conclus.

Quoi qu’en disent certains, la Tunisie continue son sauvetage : après Habib Bourguiba (الحبيب بورقيبة) comme président de la République de 1957 à 1987et Zine el-Abidine Ben Ali (زين العابدين بن علي)  de 2007 au 14 janvier 2011, jour de la Révolution tunisienne.

Ce mouvement de ras-le-bol a été le début d’une prise de conscience que « quelque chose » devait changer. A commencer par le président Ben Ali. Ce dernier ayant vite compris que le vent tournait, a pris la fuite et se réfugie actuellement à Djeddah (Arabie saoudite). Il vient d’avoir 77 ans…

« Ben Ali et son entourage sont poursuivis dans plus de 180 affaires devant la justice tunisienne: il doit répondre de 93 chefs d’accusations, dont 35 relevant de tribunaux militaires. Le ministre de la Justice, Lazhar Karoui Chebbi, a cité parmi ces chefs d’accusation :

  • homicide volontaire ;
  • complot contre la sûreté de l’État ;
  • abus de pouvoir ;
  • usage et trafic de drogue ;
  • détournement de fonds.

Ben Ali risque la peine de mort s’il est jugé coupable pour ces crimes. »

Une française, partie enseigner à Sousse en 2000/2001, témoigne : « Avant de partir travailler en Tunisie, je m’étais renseignée auprès d’une association des Droits de l’Homme. Elle m’avait mise en garde sur le fait qu’il ne fallait pas aborder de sujets politiques publiquement, donner son avis ou polémiquer. Je m’en suis bien gardée pendant cette année là. Mais je sentais, de la part de mes amis tunisiens, une tension extrême :  ils avaient tous quasiment peur. J’ai pu connaitre des personnes qui ne faisaient pas comme si tout allait bien et j’ai compris.

Ce président-là les tenait tous, alors les gens ne disaient rien, tant qu’ils ne connaissaient pas extrêmement bien leur interlocuteur. Alors qu’en famille, ils échangeaient leur point de vue, débattaient sur les problèmes de société tunisiens (et il y en avait malgré les apparences) mais ils disaient que, sortis du cercle de confiance, les murs avaient des oreilles… »

Selon Jeunes Afriques, « la Tunisie était en attente, hier mardi, d’une promesse de démission du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahdha. L’annonce du départ des islamistes du pouvoir doit permettre le lancement d’un “dialogue national” censé résoudre la crise politique paralysant le pays depuis trois mois. »

On ne peut donc pas dire que la situation en Tunisie est bloquée… En trois ans quasiment, un dictateur a été renversé par le peuple (des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes, de tous milieux confondus), un gouvernement provisoire a été mis en place, des élections se sont organisées, une nouvelle Constitution est en cours, des partis se sont créés, alliés, opposés… dans le chaos qu’une révolution peut engendrer.

Mais, la voix des tunisiens est toujours présente. Le peuple veille, malgré les abus de pouvoir, malgré les groupuscules extrémistes, malgré les assassinats politiques pour faire taire, malgré une indifférence internationale réelle ou feinte…

Les Tunisiens ont confiance : la Tunisie deviendra peut-être un exemple de pays arabe qui s’est sorti de l’obscurantisme, du joug des politiques, du jeu des « puissants ».

Le chemin est encore long à parcourir ; il est et sera parsemé d’embûches, mais la connaissance vaincra.

Parce qu’un peuple libre est un peuple responsable, avec ou sans religion, et quelle qu’elle soit.

Valérie Doulevant