Entreprise française: le procès de la société Cecchini

Entreprise au tribunal mercredi après-midi à Bordeaux Valérie Doulevant
Entreprise au tribunal mercredi après-midi à Bordeaux
Photo: Valérie Doulevant
Florent Cecchini dans ses ateliers à Floirac Photo: Valérie Doulevant
Florent Cecchini dans ses ateliers à Floirac
Photo: Valérie Doulevant
Florent Cecchini dans ses ateliers de Floirac, sans certitude pour le devenir de sa société... Photo: Valérie Doulevant
Florent Cecchini dans ses ateliers de Floirac, sans certitude pour le devenir de sa société…
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Le patron Florent Cecchini serre la main de ses employés: personne ne connait encore le sort de leur entreprise Photo: Valérie Doulevant
Le patron Florent Cecchini serre la main de ses employés: personne ne connait encore le sort de leur entreprise
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Employés de Cecchini, entreprise isolation Valérie Doulevant
Des employés de Cecchini, entreprise isolation
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Florent Cecchini, chef d'une entreprise en isolation près de Bordeaux Photo: Valérie Doulevant
Florent Cecchini, chef d’une entreprise en isolation près de Bordeaux
Photo: Valérie Doulevant

 

Coup de gueule de Florent Cecchini

C’est demain que s’ouvre le procès de l’entreprise Cecchini, basée à Floirac, en Gironde.

Cette société de 42 salariés, dont le patron a alerté les médias depuis le 7 octobre 2013 via Itin’Errances, va passer devant le tribunal de Commerce de Bordeaux, demain, mercredi 30 octobre à 16h. Lieu où seront prises les décisions quant à la suite de son activité d’entrepreneur, quant aux salariés qu’il a embauchés, quant à l’avenir d’une entreprise française exemplaire, mais en crise, comme tant d’autres.

Monsieur le ministre du Redressement productif, qu’est aujourd’hui Arnaud Montebourg, peut se targuer de faire ce qu’il peut, nous ne voyons vraiment pas où se situe son action pour les PME et PMI de France.

Marre d’être sans arrêt acculé par les mêmes organismes

Après avoir tenté, depuis deux années, de se sortir de la crise économique qui poursuivait sa société, Florent Cecchini, 62 ans, chef d’entreprise de cette société d’isolation en bâtiment (créée en 1973) a pris le taureau par les cornes: “Je souhaitais de tout cœur obtenir le maximum pour sauver les emplois que j’ai créés, permettre à ma société de poursuivre son activité. Elle m’a fait vivre, elle a fait vivre plus de 40 familles depuis des dizaines d’années. J’en ai eu assez d’entendre les mêmes refrains concernant les entreprises françaises, à savoir que c’est la crise, qu’il faut travailler davantage, que le gouvernement aide et encourage les PME, que les organismes financiers sont présents…”

Les banques aussi et surtout ont leur part de responsabilité dans ce marasme économique, à l’échelle nationale: elles, qui avançaient de l’argent quand tout allait bien, qui prêtaient facilement quand les comptes des entreprises étaient au beau fixe sont soudainement devenues plus que frileuses, alors que c’est maintenant que les PME et PMI  ont besoin de leur aide et de leur soutien. Pourquoi s’étonner que les entreprises françaises aillent mal, qu’elles tombent les unes après les autres au front? Il ne s’agit pas, pour la plupart, d’une mauvaise gestion…

Il s’agit tout bonnement d’un abandon de la part des administrations, des banques, de l’État… qui prennent pour prétexte un contexte économique difficile (est-il bien réel d’ailleurs?). Alors, ils retirent tous leurs billes, foncent sur les sociétés agonisantes pour leur demander encore davantage de garanties et de défenses, au moment où justement, elles en ont peu ou prou! Comme les charognards en quelque sorte…

Ces banques si sympathiques quand on a des idées et de l’argent. Ces banques qui suivent le mouvement de la morosité ambiante. Cependant, ce sont elles qui devraient prendre des risques (mesurés) quand on a besoin d’être épaulés… Bien sûr, non! Elles n’ont pas joué ce rôle, elles ne l’ont jamais joué, aussi bien pour des particuliers que dans le monde des affaires. Elles ne sont solidaires qu’avec les riches, promesses de jackpot.

Appel aux bonnes volontés, aux investisseurs et aux soutiens

Cet homme décidé, dynamique, pourtant en âge de prendre sa retraite, ira demain défendre la cause de son entreprise: depuis juin 2008, la société est en redressement judiciaire et la liquidation judiciaire de la société Cecchini, (S.E Entreprise D’Isolation Cecchini, 21 avenue des Mondaults – 33270 Floirac) est imminente, à moins que… (voir SO du 25/10/13)

L’entreprise s’attend au pire (la liquidation totale, et aucune possibilité de continuer sur deux mois les chantiers), comme au meilleur (une autorisation pour un repreneur de prendre la suite et le relais), et son patron, bouillonnant devant tant d’injustices, espère encore: “J’ai l’espoir, nous confie t-il, que quelqu’un se présente pour une reprise de la société, pour en racheter l’actif, ce qui signifierait le sauvetage d’une partie du personnel. Nous avons un carnet de commandes bien rempli, nous sommes dotés de bons ouvriers et d’un personnel compétent, notre travail est d’excellente qualité, par conséquent, l’entreprise peut encore fonctionner, même sans moi.”

Le tout est de tomber sur un juge qui donnerait sa chance à un repreneur. Florent Cecchini et son avocat vont essayer de faire entendre leurs voix, demain, 16 heures.

Voix venue d’ailleurs: le Chambre de Commerce et d’Industrie se réveille

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, par la voix d’Héléne Baloup, conseiller d’entreprise à la direction du Pôle Appui PME-PMI (département innovation industrie services) a d’ailleurs écrit à Florent Cecchini, pour une proposition d’une éventuelle reprise…

N’est-ce pas un peu tard? N’aurait-il pas été plus judicieux de se pencher sur ce cas (et bien d’autres probablement) en anticipant le procès?

Sur TV7 (Télévision Bordelaise du groupe Sud Ouest), Jean Nazaire Talla, directeur adjoint à la Chambre Commerce et Industrie – appui aux entreprises-, semble dire que les établissements Cecchini n’a pas réagi suffisamment tôt  et ne les a pas alerté, ni informé de ses difficultés. “Ce qui rend compliqué la reprise…”

Florent Cecchini, interrogé sur cette remarque, ne savait même pas que ce service existait! De plus, on est en droit de se demander pourquoi les personnes de ce service de la CCI ne se sont par concertées, pourquoi n’ont-ils pas communiqué plus tôt et plus rapidement entre eux… Leur rôle aurait consisté à éviter cette montée en puissance du drame économique, aurait peut-être même évité le procès et  les ennuis dans lesquels l’entreprise Cecchini a plongé depuis deux ans!

Dans quel monde vivons-nous si les partenaires économiques de nos entreprises ne font pas correctement leur travail?

Valérie Doulevant

Une entreprise envoie de disparition? photo: Valérie Doulevant
Une entreprise en voie de disparition?
Photo: Valérie Doulevant